Un conseiller et un client vus de dos consultent ensemble un relevé de carrière posé sur un bureau moderne lumineux lors d'un entretien retraite
Publié le 23 avril 2026

Vous venez de consulter votre relevé de carrière et constatez 165 trimestres validés. Votre premier réflexe : chercher à savoir combien ces trimestres vont vous rapporter en euros. Problème, aucun montant ne figure sur le document. Cette confusion est l’une des plus fréquentes chez les futurs retraités : les trimestres mesurent votre durée d’assurance, pas le montant de votre pension. Ils conditionnent l’accès au taux plein (50 % du salaire annuel moyen), mais ne disent rien sur ce que vous toucherez réellement chaque mois. Deux personnes ayant validé exactement 172 trimestres peuvent se retrouver avec des pensions mensuelles variant de 1 200 à 2 800 euros selon leurs parcours salariaux et leurs points complémentaires. La différence s’explique par deux autres piliers souvent négligés : le salaire annuel moyen (SAM) calculé sur vos 25 meilleures années, et le cumul de points acquis auprès des régimes complémentaires ARRCO et AGIRC.

Cette confusion entre durée d’assurance et montant de pension constitue l’un des angles morts les plus fréquents dans la préparation de la retraite. Les organismes de retraite reçoivent chaque année des milliers de demandes d’arbitrage de la part d’actifs découvrant, quelques mois avant leur départ, que leur pension estimée ne correspond pas à leurs attentes initiales. L’origine de ce décalage réside dans une lecture partielle du relevé de carrière, focalisée sur le nombre de trimestres validés sans tenir compte des deux autres piliers déterminants : le salaire annuel moyen et le cumul de points complémentaires.

Cet article décrypte la mécanique complète du calcul de votre pension en trois étapes : d’abord, le rôle exact des trimestres (condition du taux plein, pas montant), ensuite, l’impact décisif du salaire annuel moyen sur le régime de base, enfin, le poids des régimes complémentaires ARRCO-AGIRC (40 à 50 % de votre pension totale). Deux cas pratiques concrets illustrent pourquoi des durées d’assurance identiques génèrent des pensions radicalement différentes, avant de détailler les outils officiels (M@rel, EIG) et les démarches pour estimer correctement votre pension future.

Ce que vous devez retenir avant d’estimer votre pension :

  • Les trimestres validés déterminent si vous atteignez le taux plein à 50 %, pas le montant en euros de votre pension
  • Le montant de la retraite de base dépend du salaire annuel moyen (SAM) calculé sur vos 25 meilleures années de revenus plafonnés
  • Les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC représentent entre 40 et 50 % de votre pension totale et fonctionnent par acquisition de points
  • Deux personnes avec le même nombre de trimestres peuvent avoir des pensions très différentes selon leurs salaires passés et leurs points accumulés
  • Pour estimer correctement votre pension future, consultez votre Estimation Indicative Globale (EIG) ou utilisez le simulateur officiel M@rel accessible gratuitement

Ces cinq points clés résument l’essentiel de la mécanique de calcul, mais leur compréhension approfondie nécessite de décortiquer chaque pilier séparément. Le salaire annuel moyen repose sur des règles de plafonnement et de sélection des 25 meilleures années qui peuvent varier selon votre génération et votre situation familiale. Les régimes complémentaires fonctionnent selon une logique de points acquis année après année, avec des taux d’acquisition différents selon les tranches de salaire (au-dessus ou en-dessous du plafond de la Sécurité sociale).

Le plan détaillé ci-dessous vous permet de naviguer directement vers la section qui vous concerne : compréhension du rôle des trimestres, décryptage du salaire annuel moyen, mécanisme d’acquisition des points complémentaires, ou encore erreurs fréquentes à éviter lors de l’estimation de votre pension future.

Trimestres validés : ce qu’ils déterminent vraiment (et ce qu’ils ne disent pas)

Lorsque vous recevez votre relevé de carrière, le nombre de trimestres validés apparaît en bonne place. Ce chiffre cumule vos trimestres cotisés (issus de vos périodes d’activité professionnelle) et vos trimestres assimilés (attribués pour chômage indemnisé, maladie, maternité ou service militaire). La fiche officielle de Service-Public.fr sur la durée d’assurance précise que vous validez un trimestre dès que vos revenus soumis à cotisation atteignent 1 803 euros en 2026, avec un maximum de quatre trimestres par an indépendamment de la durée effective travaillée.

Cette durée d’assurance détermine une chose essentielle : votre accès au taux plein de 50 %. Si vous totalisez le nombre de trimestres requis pour votre génération (172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1966, 170 ou 171 pour les générations antérieures selon les ajustements de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026), vous bénéficierez du taux maximum appliqué à votre salaire annuel moyen, sans subir de décote. Mais ce taux plein ne vous dit absolument rien sur le montant final que vous percevrez.

Ce que vos trimestres validés déterminent (et ce qu’ils ne disent pas) :

Ils déterminent : Si vous atteignez le taux plein de 50 % du salaire annuel moyen, sans décote ni pénalité de départ anticipé.

Ils influencent : La surcote éventuelle si vous continuez à cotiser au-delà de la durée requise (majoration de 1,25 % par trimestre supplémentaire).

Ils NE déterminent PAS : Le montant en euros de votre pension mensuelle, qui dépend de vos salaires passés et de vos points complémentaires accumulés.

Cette distinction explique pourquoi consulter uniquement votre nombre de trimestres pour anticiper votre niveau de vie à la retraite est une erreur fréquente. Les trimestres ouvrent la porte du taux plein, mais la pension réelle se calcule sur d’autres bases : vos revenus d’activité des 25 meilleures années pour le régime de base, et vos cotisations converties en points pour les régimes complémentaires.

Les 3 piliers du calcul de votre pension (durée, salaires, points)

Comme le précise l’Assurance retraite dans sa mise à jour sur la LFSS 2026, le montant de la retraite dépend essentiellement de trois paramètres distincts : les revenus d’activité, le nombre de trimestres et l’âge de départ. Pour comprendre pourquoi les trimestres seuls ne suffisent pas, il faut détailler chacun de ces piliers et leur rôle respectif dans le calcul final.

Votre durée d’assurance (trimestres cotisés et assimilés) sert avant tout à déterminer le taux appliqué à votre salaire annuel moyen. Si vous atteignez 172 trimestres (ou la durée requise selon votre année de naissance), vous bénéficiez du taux plein de 50 %. En deçà, une décote réduit ce taux trimestre par trimestre manquant. Au-delà, une surcote l’augmente de 1,25 % par trimestre supplémentaire cotisé après l’âge légal et la durée requise.

Face à la complexité de ces arbitrages (âge de départ, impact des trimestres manquants, rentabilité d’un rachat d’annuités), la maîtrise de tous les paramètres du calcul retraite nécessite une analyse personnalisée tenant compte de votre relevé de carrière individuel, de vos objectifs de fin de carrière et des évolutions réglementaires en cours.

Mais même au taux plein, le montant de votre pension de base peut rester modeste si vos salaires passés étaient faibles ou irréguliers. Les trimestres assimilés (chômage, maladie) comptent pour la durée, mais ne génèrent souvent aucun revenu porté au compte pour le calcul du salaire annuel moyen. Résultat : vous atteignez le taux plein, mais sur une base de calcul affaiblie.

Le salaire annuel moyen (SAM) constitue l’assiette de calcul de votre retraite de base versée par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Il correspond à la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus d’activité soumis à cotisation, plafonnés au plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 47 100 euros en 2025, équivalent à 3 925 euros mensuels). Pour les mères, ce calcul peut être ajusté à 24 ou 23 meilleures années selon le nombre d’enfants, conformément aux mesures de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026.

Concrètement, si vous avez toujours cotisé au plafond de la Sécurité sociale avec une carrière complète, votre SAM sera plafonné à 47 100 euros annuels. En appliquant le taux plein de 50 %, votre pension de base maximale atteindra environ 1 650 euros bruts par mois. En revanche, si vos salaires ont été variables, avec plusieurs années incomplètes ou des périodes de chômage non cotisées, votre SAM peut descendre à 30 000 ou 32 000 euros, ramenant votre pension de base à 1 100 ou 1 200 euros mensuels même avec 172 trimestres validés.

Erreur fréquente à cette étape : ne pas vérifier ses salaires déclarés annuellement.



Cette mécanique explique pourquoi deux actifs avec le même nombre de trimestres peuvent avoir des pensions de base radicalement différentes. Le SAM est la variable déterminante du montant, les trimestres ne servant qu’à valider le taux appliqué à cette base. Une carrière morcelée (intérim, temps partiel, reconversions) pèse lourdement sur le SAM, même si vous atteignez les 172 trimestres requis.

Au-delà du régime de base, les régimes complémentaires ARRCO (pour tous les salariés du privé) et AGIRC (pour les cadres sur la tranche de salaire supérieure au plafond de la Sécurité sociale) fonctionnent selon une logique de points. Chaque année, vos cotisations salariales et patronales sont converties en points selon un taux d’acquisition et un prix d’achat du point fixés annuellement. Au moment de la liquidation de vos droits, votre nombre total de points accumulé est multiplié par la valeur du point retraite en vigueur (1,4159 euro au 1er novembre 2024 pour AGIRC-ARRCO).

Pour un cadre supérieur ayant cotisé pendant 25 ans sur des salaires dépassant régulièrement le plafond de la Sécurité sociale, le cumul de points peut atteindre 8 000 à 10 000 points, soit une pension complémentaire de 1 130 à 1 415 euros mensuels. Pour un technicien ou employé ayant cotisé uniquement sur la tranche inférieure (tranche A, en dessous du plafond), le cumul moyen tourne autour de 4 000 à 5 000 points, générant une pension complémentaire de 565 à 710 euros par mois.

Le Panorama annuel 2025 de la DREES confirme que la pension mensuelle moyenne de droit direct des retraités résidant en France s’élève à 1 666 euros bruts fin 2023. Ce montant reflète l’addition du régime de base et des régimes complémentaires, ces derniers représentant en pratique entre 40 et 50 % de la pension totale pour un salarié du privé. Ignorer cette composante en se focalisant uniquement sur les trimestres et le régime de base revient à sous-estimer votre pension future de près de moitié.

Les 3 piliers de votre pension : comparaison des mécanismes
Critère Trimestres validés (Durée) Salaire Annuel Moyen (SAM) Points ARRCO/AGIRC
Ce que ça mesure Votre durée d’assurance (cotisée et assimilée) Moyenne de vos 25 meilleures années de salaires plafonnés Cumul de points acquis chaque année selon vos cotisations versées
Comment c’est calculé 1 trimestre validé tous les 1 803 euros de salaire en 2026, maximum 4 par an Somme des 25 meilleurs salaires annuels plafonnés divisée par 25 Cotisations versées divisées par le prix d’achat du point, multiplié par le taux d’acquisition
Impact sur votre pension Détermine si vous atteignez le TAUX plein (50 %) ou subissez une décote Détermine le MONTANT de votre pension de base (SAM × 50 % × durée validée / durée requise) Détermine le MONTANT de votre pension complémentaire (nombre de points × valeur du point en vigueur)
Où le trouver Sur votre relevé de carrière (RIS) ou votre estimation indicative globale (EIG) Sur votre EIG (estimation) ou à calculer manuellement via vos bulletins de salaire archivés Sur votre relevé de points ARRCO-AGIRC accessible en ligne sur agirc-arrco.fr

Pourquoi deux personnes avec le même nombre de trimestres ont des pensions différentes ?

Prenons une situation concrète qui illustre pourquoi les trimestres seuls ne prédisent rien du montant final. Sophie et Marc, tous deux nés en 1964, ont chacun validé 172 trimestres au moment de leur départ à la retraite à 64 ans. Sur le papier, leurs durées d’assurance sont strictement identiques et leur donnent accès au taux plein. Pourtant, Sophie percevra une pension totale d’environ 2 850 euros bruts mensuels, tandis que Marc touchera 1 715 euros. L’écart atteint 1 135 euros par mois, soit 66 % de différence, malgré un nombre de trimestres rigoureusement identique.

Cas pratique : Sophie et Marc, 172 trimestres chacun, pensions très différentes

Profil A — Sophie (cadre supérieur) : Carrière stable dans le secteur bancaire, salaires dépassant le plafond de la Sécurité sociale pendant 22 années consécutives. Son salaire annuel moyen plafonne à 47 100 euros, générant une pension de base de 1 650 euros par mois (47 100 × 50 %). Grâce à ses cotisations élevées sur la tranche 2 (au-delà du plafond), elle a accumulé 8 500 points ARRCO-AGIRC, soit une pension complémentaire de 1 200 euros mensuels (8 500 × 1,4159 euro). Pension totale : 2 850 euros bruts.

Profil B — Marc (technicien) : Parcours professionnel marqué par des changements d’employeurs, cinq années incomplètes (missions d’intérim, périodes de chômage indemnisé) et des salaires variables oscillant autour de 2 200 à 2 800 euros mensuels. Son salaire annuel moyen atteint 32 000 euros, donnant une pension de base de 1 120 euros par mois (32 000 × 50 %). Ses cotisations limitées à la tranche 1 ont généré 4 200 points ARRCO, soit une pension complémentaire de 595 euros (4 200 × 1,4159 euro). Pension totale : 1 715 euros bruts.

Conclusion : Les 172 trimestres identiques ont permis aux deux profils d’atteindre le taux plein sans décote, mais le montant final dépend intégralement du salaire annuel moyen et des points complémentaires accumulés. Sophie a bénéficié d’une carrière linéaire avec des revenus élevés, Marc a subi l’impact de la précarité et des interruptions sur son SAM et son stock de points.

Cet exemple révèle la limite de l’approche consistant à ne consulter que le nombre de trimestres sur son relevé de carrière. Les données des organismes de retraite montrent que les écarts de pension entre personnes ayant la même durée d’assurance peuvent atteindre ou dépasser 100 % selon les trajectoires salariales. Les trimestres ouvrent la porte du taux plein, mais la pension réelle se joue ailleurs : dans la régularité des salaires, la position hiérarchique, les tranches de cotisation et la continuité de la carrière.

Au-delà de la pension par répartition, constituer une épargne via des contrats d’assurance vie performants peut compenser un salaire annuel moyen modeste ou des trimestres incomplets en diversifiant vos sources de revenus futurs.

Les erreurs fréquentes d’estimation à éviter

La première erreur psychologique constatée dans les dossiers retraite consiste à confondre le taux plein avec le montant maximum de pension. Beaucoup d’actifs pensent que décrocher le taux plein de 50 % signifie toucher la pension la plus élevée possible. C’est faux. Le taux plein indique simplement que votre pension de base sera calculée sans décote (réduction pour trimestres manquants), sur la base de votre salaire annuel moyen. Si ce SAM est faible (salaires modestes, années incomplètes, périodes de chômage non cotisées), votre pension restera faible même au taux plein.

Vigilance : taux plein ne signifie pas pension maximale

Un actif avec un salaire annuel moyen de 20 000 euros bénéficiera du taux plein de 50 % s’il a validé ses 172 trimestres. Sa pension de base atteindra 833 euros mensuels (20 000 × 50 % ÷ 12), loin du plafond de 1 650 euros réservé aux carrières complètes au plafond de la Sécurité sociale. Le terme « plein » désigne l’absence de décote, pas un montant maximal garanti.

Deuxième piège fréquent : oublier de tenir compte des régimes complémentaires dans l’estimation globale. Se concentrer uniquement sur le régime de base CNAV revient à ignorer 40 à 50 % de la pension totale pour un salarié du privé. Un cadre avec une pension de base de 1 400 euros peut percevoir 1 100 euros supplémentaires via ARRCO-AGIRC, portant sa pension totale à 2 500 euros. Ne pas vérifier son relevé de points complémentaires conduit à sous-estimer gravement ses revenus futurs.

Troisième erreur courante : ne pas vérifier les anomalies ou périodes manquantes sur le relevé de carrière avant le départ à la retraite. Les données de la CNAV révèlent que plusieurs milliers de dossiers chaque année nécessitent des régularisations tardives (périodes à l’étranger non déclarées, emplois multiples, erreurs de déclaration employeur). Une année de salaire manquante ou incorrecte peut abaisser votre salaire annuel moyen de plusieurs milliers d’euros et réduire votre pension de 50 à 150 euros par mois à vie. Il est recommandé de vérifier la cohérence de vos données dès 55 ans pour disposer du temps nécessaire aux corrections.

Enfin, dernier écueil : se fier à un calcul approximatif ou à une estimation « au doigt mouillé » sans utiliser les outils officiels. Les simulateurs grand public (sites commerciaux, calculettes simplifiées) reposent souvent sur des hypothèses génériques ignorant les spécificités de votre carrière (polypensionné, expatriation, régimes spéciaux, trimestres assimilés). Seuls les simulateurs officiels (M@rel, Estimation Indicative Globale) intègrent l’ensemble de vos données de carrière certifiées par les caisses de retraite.

Comment estimer correctement votre pension (outils et démarches) ?

Pour obtenir une estimation fiable de votre pension future, plusieurs outils officiels sont accessibles gratuitement en ligne. Chacun répond à un besoin spécifique selon votre âge et votre niveau d’information.

Les 4 étapes pour estimer votre pension correctement
  1. Consultez votre relevé de carrière (RIS) dès 35 ans

    Le Relevé Individuel de Situation (RIS) récapitule vos trimestres validés et vos salaires déclarés année par année, tous régimes confondus. Accessible gratuitement sur lassuranceretraite.fr via votre espace personnel, il vous permet de vérifier la cohérence des données et de signaler les erreurs ou périodes manquantes avant qu’il ne soit trop tard.

  2. Récupérez votre Estimation Indicative Globale (EIG) à partir de 55 ans

    L’EIG est envoyée automatiquement par courrier à 55 ans, puis tous les cinq ans jusqu’au départ. Ce document fournit une estimation chiffrée de votre pension future selon plusieurs scénarios d’âge de départ (62, 64, 67 ans), en tenant compte de vos données de carrière actualisées et d’hypothèses de fin de carrière (maintien des salaires). Elle intègre le régime de base et les régimes complémentaires, offrant une vision globale.

  3. Utilisez le simulateur M@rel pour tester différents scénarios

    Le simulateur officiel M@rel (Mon Account Retraite en Ligne), accessible via lassuranceretraite.fr, permet de simuler votre pension en temps réel en fonction de vos choix : âge de départ envisagé, poursuite ou arrêt d’activité, rachat de trimestres. Contrairement aux calculettes génériques, M@rel s’appuie sur vos données certifiées et intègre les règles de calcul de tous vos régimes d’affiliation.

  4. Faites analyser votre dossier par un expert retraite pour les cas complexes

    Si votre carrière comporte des périodes à l’étranger, plusieurs changements de statut (salarié, indépendant, fonctionnaire), des rachats d’annuités envisagés ou une situation de polypensionné (plusieurs régimes), une analyse personnalisée permet d’arbitrer entre les scénarios et de sécuriser vos projections. Un expert indépendant vérifie la cohérence de vos données, identifie les anomalies et simule l’impact financier de chaque option de fin de carrière.

Privilégiez M@rel aux calculettes : il intègre vos données certifiées sans approximation réglementaire.



Une fois votre pension estimée correctement, pensez également à anticiper les aides pour l’adaptation du logement qui vous permettront de sécuriser votre autonomie à domicile et de réduire vos dépenses futures liées au vieillissement.

Conseil pro : Si vous envisagez un rachat de trimestres (VPLR), faites d’abord simuler le coût exact (entre 5 000 et 7 000 euros par trimestre selon l’âge) et le gain de pension viager avant de vous engager. Dans certains cas, le rachat n’augmente que marginalement le montant de la pension et n’est rentabilisé qu’après 15 ou 20 ans de retraite.

Vos 5 priorités pour sécuriser votre estimation retraite
  • Créez votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr et téléchargez votre relevé de carrière (RIS) complet
  • Vérifiez la cohérence des salaires déclarés année par année et signalez toute anomalie ou période manquante à votre CARSAT régionale
  • Consultez votre relevé de points ARRCO-AGIRC sur agirc-arrco.fr pour estimer votre pension complémentaire (40 à 50 % du total)
  • Utilisez le simulateur M@rel pour tester plusieurs scénarios d’âge de départ et comparer l’impact financier de chaque option
  • Si votre carrière est complexe (polypensionné, expatriation, rachats envisagés), faites analyser votre dossier par un expert retraite indépendant pour sécuriser vos arbitrages

Plutôt que de vous focaliser uniquement sur votre nombre de trimestres, concentrez-vous dès maintenant sur les deux autres piliers déterminants : la régularisation de vos salaires déclarés pour optimiser votre SAM, et la vérification de vos points complémentaires pour éviter toute mauvaise surprise à l’approche du départ.

Vos questions fréquentes sur les trimestres et l’estimation de pension
Est-ce que je peux partir à la retraite si j’ai mes trimestres mais un SAM faible ?

Oui, si vous avez validé le nombre de trimestres requis pour votre génération (172 pour les assurés nés à partir de 1966, ajusté selon la loi de financement de la Sécurité sociale 2026), vous pouvez partir au taux plein dès l’âge légal (64 ans pour les générations récentes). Toutefois, un salaire annuel moyen faible (dû à des salaires modestes ou des années incomplètes) donnera une pension de base faible, même au taux plein. Le taux plein garantit l’absence de décote, pas un montant élevé. Exemple concret : un SAM de 20 000 euros au taux plein génère une pension de base de 833 euros mensuels, loin du maximum de 1 650 euros.

Comment savoir si mes salaires des 25 meilleures années sont corrects sur mon relevé ?

Votre relevé de carrière (RIS) indique vos salaires déclarés année par année, mais le calcul du SAM n’est effectué qu’au moment de la liquidation de vos droits. Pour vérifier la cohérence, comparez vos bulletins de salaire archivés avec les montants figurant sur le RIS. Si des salaires manquent ou sont incorrects (erreur de déclaration employeur, périodes non reportées), contactez votre CARSAT régionale avec vos justificatifs (bulletins, contrats, attestations Pôle emploi) pour demander une régularisation avant le départ à la retraite. Une année manquante peut réduire votre SAM de plusieurs milliers d’euros et votre pension de 50 à 150 euros par mois à vie.

Les trimestres assimilés (chômage, maladie) comptent-ils pour le montant de la pension ?

Les trimestres assimilés (attribués pour chômage indemnisé, maladie, maternité, invalidité, service militaire) comptent pour la durée d’assurance et vous aident à atteindre le taux plein. En revanche, selon les périodes, ils peuvent ne pas générer de salaires portés au compte pour le calcul du salaire annuel moyen, ni de points ARRCO-AGIRC pour les régimes complémentaires. Résultat : ils valident des trimestres sans augmenter votre pension. Si vous avez beaucoup d’années incomplètes ou de périodes assimilées, votre SAM sera mécaniquement affaibli, même avec 172 trimestres validés au total.

Est-ce que l’EIG (Estimation Indicative Globale) est fiable pour connaître ma future pension ?

L’EIG est une estimation basée sur les données de carrière connues à la date d’édition et des hypothèses de fin de carrière (maintien des salaires jusqu’au départ, âge de liquidation estimé). Elle donne un ordre de grandeur utile, mais peut être imprécise si votre carrière comporte des anomalies (périodes à l’étranger non déclarées, régularisations en cours, changements de statut prévus, rupture conventionnelle envisagée). Pour une estimation fiable avant un départ imminent (moins de deux ans), faites vérifier vos données par un expert retraite ou votre CARSAT, et utilisez le simulateur M@rel pour tester plusieurs scénarios personnalisés.

Peut-on racheter des trimestres pour augmenter le montant de sa pension (pas seulement le taux) ?

Racheter des trimestres via le dispositif de Versement Pour La Retraite (VPLR) permet principalement d’atteindre le taux plein plus tôt ou d’éviter une décote si vous partez avant d’avoir validé la durée requise. L’impact sur le montant de la pension de base est indirect et limité, car le rachat n’augmente pas votre salaire annuel moyen (qui dépend de vos revenus passés), seulement la durée d’assurance prise en compte dans la formule de calcul. En revanche, certains rachats génèrent des points ARRCO-AGIRC complémentaires, ce qui peut augmenter la pension complémentaire. Le coût du rachat oscille entre 5 000 et 7 000 euros par trimestre selon l’âge et l’option choisie. Il est fortement recommandé de faire simuler le gain de pension viager et le délai de rentabilité avant tout engagement : dans certains cas, le rachat n’est amorti qu’après 15 ou 20 ans de retraite.

Précisions sur l’estimation de votre pension

Limites de ce guide :

  • Ce guide informatif ne remplace pas une simulation personnalisée sur la base de votre relevé de carrière individuel (RIS) et de votre estimation indicative globale (EIG)
  • Les règles de calcul et durées d’assurance mentionnées peuvent évoluer suite aux réformes réglementaires (vérifier les textes en vigueur selon votre année de naissance)
  • Chaque situation de carrière (polypensionné, expatriation, régimes spéciaux, fonctionnaires) nécessite une analyse spécifique tenant compte des spécificités de vos régimes d’affiliation

Risques d’erreur d’estimation :

  • Risque de sous-estimation importante si vous ne tenez compte que du régime de base sans intégrer les régimes complémentaires ARRCO-AGIRC (qui représentent 40 à 50 % de la pension totale pour un salarié du privé)
  • Risque d’erreur de calcul si votre carrière comporte des périodes non cotisées non régularisées (chômage non indemnisé, travail à l’étranger, années incomplètes)
  • Risque de mauvaise anticipation financière si vous basez vos projets de retraite uniquement sur le nombre de trimestres validés sans vérifier votre salaire annuel moyen et vos points complémentaires

Organisme à consulter : Pour une simulation fiable et personnalisée tenant compte de l’ensemble de votre carrière et de vos objectifs de fin de carrière, consultez un expert retraite indépendant ou un conseiller en gestion de patrimoine certifié spécialisé en retraite.

Rédigé par Philippe Fournier, éditeur de contenu spécialisé en décryptage des systèmes de retraite en France, attaché à vulgariser les réglementations complexes et à croiser les sources officielles pour offrir des guides pratiques, neutres et fiables.